La bonne recette

, ,
La bonne recette

Référence pour les professionnels de la restauration et les bouchers-charcutiers, La Bovida prospère depuis son installation à Bourges en 2002. C’est à travers le groupe Hefed que le petit-fils du fondateur développe cette société francilienne presque centenaire. Et multiplie l’acquisition d’enseignes spécialisées.

« J’ai une formation de pilote de transport aérien, maintenant je pilote l’entreprise. » Olivier Hennel, petit-fils du fondateur de la Bovida – Édouard Laszlo-Hennel – a remis les pieds sur terre il y a plusieurs années. Aux commandes de cette entreprise presque centenaire, le président du groupe Hefed, auquel appartient La Bovida, consolide depuis 2007 un petit empire dédié aux professionnels de l’alimentation tout en se diversifiant vers les particuliers, au gré de rachats d’enseignes (70% pour le commerce de rue, 12 % pour les collectivités, 12 % pour la grande distribution, 6 % pour les particuliers.).

Depuis 1921, à La Courneuve, La Bovida n’a jamais rompu le lien commercial noué avec les bouchers-charcutiers qui représentent encore 70 % de l’activité du grossiste.

bourges, position centrale

Épices, ustensiles de cuisine, matériels de laboratoire, la boyauderie d’antan dispose de 8.000 références distribuées depuis son centre logistique, installé à Bourges en 2002, au niveau de l’échangeur autoroutier. « On était alors installé à Nanterre (Hauts-de-Seine) sur trois sites. Il fallait tout rassembler », résume Olivier Hennel. Faute de place dans l’Orléanais, c’est à Bourges que La Bovida a choisi de poursuivre l’histoire entrepreneuriale familiale. « C’est une position centrale idéale pour la logistique. » En 2007, en prenant la présidence de l’entreprise, Olivier Hennel s’oriente aussi vers les particuliers. Il ouvre des magasins. À l’adresse historique parisienne aux Halles, s’ajoute alors un magasin rue Coursarlon, à Bourges. Neuf autres ouvrent en France.

En créant le groupe Hefed, en 2011, Olivier Hennel rachète d’autres entreprises. D’abord, Nagot Busignies, présent dans le Nord de la France sur le même créneau que La Bovida, dédiée aux commerces de rue. Et l’enseigne Taurus, spécialisée dans le matériel pour restaurants. « On a alors créé une centrale d’achats, installée à côté de l’aéroport à Bourges avec une quinzaine de personnes, ce qui permet de piloter les différentes entités ». En 2015, Hefed met la main sur Épicéa (Douais) à la barre du tribunal de commerce, spécialisée dans les épices et qui travaille en direct avec les grandes surfaces, les grosses industries de l’agroalimentaire ou les marques distributeurs. « Ça nous a permis d’augmenter le volume d’achat d’épices », relève Olivier Hennel. Les épices, que La Bovida développe aussi à Bourges avec son service recherche et développement, représentent 15 % de son chiffre d’affaires.

En 2017, encore au tribunal, ce sont les 11 magasins grand public Toc (Troubles obsessionnels culinaires) – Toc possède aussi l’enseigne Kitchen Bazaar – qui passent dans le giron d’Hefed. Cette acquisition permet de rationaliser et de mettre en synergie les matériels de Toc avec les magasins Bovida. En juin 2018, tous les Kitchen Bazaar passeront sous la bannière Toc.

Avec 450 salariés, 83 millions de chiffre d’affaires (dont 62 millions d’euros pour La Bovida, 300 salariés), le groupe Hefed veut consolider sa position dans le secteur culinaire et amener toujours plus d’expertise et d’innovation à ses clients.
« On a doublé le parc de magasins. On a désormais une puissance d’achat plus forte », explique le président du groupe. Le dépôt logistique berruyer peut encore doubler sa surface. Une ou deux autres croissances externes devraient permettre d’augmenter les capacités logistiques du groupe.

 

Thomas Migault